Le groupe Écologie et Solidarités a fait le choix de ne pas entrer dans l’exécutif de Bordeaux Métropole. Si nous partageons certaines orientations du projet de mandature porté par Thomas Cazenave et sa nouvelle majorité, plusieurs lignes rouges nous empêchent de nous y associer : grand contournement routier, LGV, soutien au nucléaire, manque d’ambition sur le logement ou les mobilités du quotidien.
Nous avons donc fait le choix de la clarté politique et d’une opposition constructive, exigeante et tournée vers le quotidien des habitants.
À l’occasion du premier Conseil de cette nouvelle mandature, nous avons fait le choix de ne pas entrer dans l’exécutif de Bordeaux Métropole. Un choix clair, assumé et cohérent avec les engagements que nous portons depuis plusieurs années.
Cette décision ne relève ni d’une posture, ni d’un refus systématique. Nous reconnaissons d’ailleurs plusieurs orientations positives dans le projet de mandature proposé par la nouvelle majorité : la priorité donnée à l’eau, le renforcement des coopérations territoriales ou encore le développement du RER métropolitain vont dans le bon sens.
Mais malgré ces avancées, ce projet comporte aussi trop de lignes rouges pour que nous puissions nous engager dans cette majorité.
Un projet « à prendre ou à laisser »
Au-delà du fond, la méthode employée a pesé lourd dans notre décision. Ce qui nous était présenté comme une « majorité de projet » s’est rapidement transformé en un projet unique, conditionné à un soutien global et au vote du budget. Autrement dit : un projet « à prendre ou à laisser ».
Nous ne partageons pas cette conception de la vie démocratique métropolitaine.
Bordeaux Métropole est une collectivité majeure, qui agit sur des sujets essentiels du quotidien : les déplacements, le logement, l’eau, les déchets, l’aménagement du territoire ou encore la transition énergétique. Ces politiques publiques méritent du débat, de la transparence et de la co-construction.
Nous avons formulé des propositions, porté des principes et défendu plusieurs priorités fortes. Certaines ont été entendues, mais trop marginalement pour modifier l’équilibre général du projet.
Dans ce contexte, nous avons fait le choix de la clarté politique vis-à-vis des habitants et de nos électeurs.er dans cette majorité.
Des lignes rouges infranchissables
Le projet porté par la nouvelle majorité réactive plusieurs grands projets que nous considérons à la fois coûteux, dépassés et incompatibles avec les impératifs climatiques.
C’est le cas du grand contournement routier de Bordeaux, un projet vieux de plusieurs décennies, dont le coût pourrait atteindre près de 2 milliards d’euros sans résoudre durablement les problèmes de congestion de la rocade.
L’idée selon laquelle construire toujours plus de routes permettrait de réduire les embouteillages est aujourd’hui largement contestée par les études sur les mobilités : de nouvelles infrastructures routières génèrent généralement davantage de trafic.
Nous refusons également la relance de la LGV Bordeaux-Toulouse dans les conditions actuelles, alors que les coûts annoncés ne cessent d’augmenter et que de nombreux experts rappellent l’urgence de régénérer d’abord le réseau ferroviaire existant.
Enfin, nous contestons le soutien affiché au projet d’EPR2 au Blayais. Ce choix ne relève pas des compétences directes de la Métropole et pose une question de cohérence au moment où notre territoire devrait concentrer ses efforts sur la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables locales.
Le quotidien des habitants doit redevenir la priorité
Mais au fond, notre désaccord principal est ailleurs.
Pendant qu’on nous parle de grands projets d’infrastructures, nous constatons surtout l’absence d’ambitions suffisamment fortes sur des sujets qui touchent directement la vie quotidienne des habitants.
Pour nous, les priorités métropolitaines devraient être claires.
Le quotidien, c’est d’abord :
- Pouvoir se déplacer facilement grâce aux transports du quotidien, au vélo, à la marche et au RER métropolitain ;
- Pouvoir se loger dignement dans une métropole où l’accès au logement devient chaque année plus difficile ;
- Vivre dans des quartiers agréables, végétalisés et adaptés au changement climatique ;
- Soutenir une économie locale, sociale et solidaire, créatrice d’emplois durables et non délocalisables ;
- Préparer un PLU bioclimatique capable de protéger les sols, les ressources et la biodiversité.
Nous regrettons notamment le manque d’ambition du projet de mandature sur le logement social, les mobilités du quotidien, l’économie sociale et solidaire ou encore l’adaptation climatique.
Alors même que les habitants subissent déjà les conséquences très concrètes du dérèglement climatique, des difficultés d’accès au logement ou de l’augmentation du coût des déplacements.
Une opposition utile et exigeante
Faire le choix de l’opposition ne signifie pas être dans le refus permanent. Nous soutiendrons les décisions qui iront dans le sens de l’intérêt général, de la transition écologique et de l’amélioration concrète du quotidien des habitants.
Mais nous continuerons aussi à porter une autre vision pour Bordeaux Métropole. Une vision fondée sur la transition écologique, la justice sociale, la solidarité entre les territoires et le renforcement des services publics de proximité.
Dans cette nouvelle mandature, nous serons une opposition constructive, exigeante et engagée. Parce qu’on ne prépare pas l’avenir avec les recettes du passé.