Alors que la consultation sur les nuisances sonores liées au trafic aérien de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac est ouverte1, le groupe des élus écologistes de Bordeaux Métropole demande à la Métropole de se saisir de cette question.

Des enjeux sociaux et sanitaires majeurs

L’étude d’impact présentée par la préfecture estime que plus de 4 000 personnes seraient
quotidiennement exposées à des émergences sonores dites « extrêmes. »

Ce dont l’étude ne parle pas en revanche, ce sont toutes les nuisances ordinaires qui n’entrent pas dans son champ d’analyse.

Or quand on considère les nuisances sonores dans leur réalité quotidienne, le panorama est tout autre : près de 68 000 habitants sont exposés aux nuisances sonores liées au trafic nocturne2, soit près
de 8 % de la population métropolitaine.

« Le cœur du problème aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’existence de quelques vols très tardifs. C’est l’augmentation massive du trafic entre 22h et minuit, précisément sur les horaires où les habitants aspirent légitimement au calme. »

Sylvie Cassou-Schotte, co-présidente du groupe Écologie & Solidarités de Bordeaux Métropole

Le scénario privilégié par la préfecture est insuffisant

Notamment parce que les projections du scénario retenu par la préfecture montrent bien que d’ici 3 ans, elles n’auront quasiment aucun effet sur la santé et la qualité de vie des habitants. Puisqu’elles seront déjà compensées par la hausse du trafic aérien (+36% de vols de nuit d’ici 2029).

En conclusion, seul un couvre-feu entre 22h00 et 06h00 protégerait efficacement les habitants. D’autres aéroport Français tels que Orly3 ou Nantes4 ont d’ailleurs mis en place des mesures restrictives de décollage et d’atterrissage des vols de nuit, notamment par la mise en place d’un couvre-feu des vols commerciaux entre 22 heures et 6 heures.

« Le scénario retenu par la préfecture nous semble avant tout conçu pour limiter
les impacts économiques pour les compagnies aériennes, davantage que
pour protéger réellement les habitants. » Sylvie Cassou-Schotte

Ce débat ne peut pas être réduit à une approche purement technique ou économique

Selon l’OMS, les nuisances sonores ont des conséquences directes sur le sommeil, la santé mentale, les maladies cardiovasculaires, le stress chronique et, plus largement, sur la qualité de vie des habitants.

C’est pourquoi nous avons demandé à Monsieur Thomas Cazenave le dépôt d’une contribution
métropolitaine à ce sujet d’ici la clôture de la consultation le 30 juin.

Nous réitérerons notre demande lors du Conseil du 22 mai. Nous espérons que Bordeaux Métropole prendra toute sa place dans ce débat public et portera une parole forte pour mieux protéger les 68 000 habitantes et habitants exposés aux nuisances sonores.

À l’heure où notre Métropole doit relever de grands défis de santé environnementale, la question du bruit lié aux transports, qu’il soit aérien, routier ou ferroviaire, doit devenir un véritable enjeu métropolitain.

[1] Consultation du public concernant le projet d’arrêté portant restriction d’exploitation de l’aérodrome de Bordeaux-Mérignac (Gironde) | Consultations publiques
[2] Étude Impact Circulation Aérienne 2016
[3] Signature du nouvel arrêté de restriction de l’aéroport d’Orly | Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement
[4] Couvre-feu – Aéroport de Nantes