En affichant son soutien au projet d’EPR2 du Blayais, le président de Bordeaux Métropole fait un choix politique que nous rejetons fermement.
Au-delà du débat énergétique, nous contestons l’implication de Bordeaux Métropole sur un projet qui relève avant tout de la politique énergétique nationale.
Le choix de nouveaux réacteurs mobilisera des moyens financiers et politiques considérables, au détriment des investissements indispensables pour accélérer la transition énergétique. Or, l’urgence climatique impose de déployer rapidement l’ensemble des solutions disponibles.
“ La question n’est pas seulement celle de la production d’électricité, c’est aussi celle de nos priorités. Engager plusieurs dizaines de milliards d’euros dans de nouveaux réacteurs qui ne verront pas le jour avant 2040 dans le meilleur des cas… c’est faire le choix de retarder les investissements dont nous avons besoin aujourd’hui : l’adaptation au changement climatique, la rénovation des logements et le développement des énergies renouvelables. ”
Sylvie Cassou-Schotte, co-présidente du groupe écologiste de Bordeaux Métropole
Un choix paradoxal, alors que la Nouvelle-Aquitaine dispose d’atouts considérables en matière d’énergies renouvelables, nous sommes la première région française sur l’énergie solaire. D’autant que tous les scénarios élaborés par RTE pour atteindre la neutralité carbone reposent sur un développement massif des énergies renouvelables, y compris les scénarios les plus favorables au nucléaire1.
Cette position est d’autant plus contradictoire que le nouvel exécutif métropolitain a fait de l’eau sa “grande cause métropolitaine”. Or, le fonctionnement d’une centrale nucléaire consomme une quantité massive d’eau. Sans parler des rejets dans le milieu naturel, qui risquent d’affecter durablement l’équilibre de l’écosystème de l’estuaire, déjà grandement fragilisé aujourd’hui.
La question de la disponibilité de l’eau doit être clairement posée. À titre d’exemple, le projet d’EPR2 du Bugey sur le Rhône nécessite une consommation annuelle estimée entre 10 et 15 millions de m³ à lui seul.
Cette pression supplémentaire sur la ressource en eau vient s’ajouter à celle générée par plusieurs projets industriels, énergétiques et numériques actuellement envisagés ou en développement sur le territoire de l’estuaire, notamment le supercalculateur de Bordeaux, le projet EMME ou encore le projet Pure Salmon.
“ Il faut qu’on arrête de considérer que l’eau est une ressource infinie. Bordeaux Métropole ne peut pas faire de l’eau sa “grande cause métropolitaine” tout en multipliant les projets industriels, énergétiques et numériques ultra-consommateurs. Il est temps d’évaluer leurs impacts cumulés plutôt que de les examiner un par un. ”
Sylvie Cassou-Schotte
Nous appelons Bordeaux Métropole et l’État à sortir d’une logique d’examen projet par projet. Les impacts cumulés des grands projets industriels, énergétiques et numériques sur la ressource en eau doivent désormais être évalués de manière globale et transparente.
Le groupe Écologie et Solidarités réaffirme enfin que le développement des énergies renouvelables doit constituer la priorité de notre politique énergétique. C’est à cette condition que nous pourrons atteindre nos objectifs énergétiques et éviter la dépendance au nucléaire et à l’uranium importé.